C'est le sujet sur lequel circulent le plus d'informations fausses, y compris de bonne foi. La réglementation applicable à l'American Bully XL change d'un pays à l'autre, d'un canton à l'autre, et elle évolue vite. Voici l'état des lieux à l'été 2026, avec les sources.
💡 Avertissement utile : cette page est une synthèse d'information, pas un avis juridique. Avant tout achat ou déménagement, faites confirmer votre situation par le service vétérinaire de votre canton ou l'autorité compétente de votre pays, et gardez la réponse par écrit.
En Suisse : tout dépend du canton
Il n'existe pas de liste fédérale de races interdites. La compétence appartient aux cantons, et les écarts sont considérables. Selon l'état des lieux tenu par Quatre Pattes, mis à jour en juin 2026 :
- Treize cantons sans restriction de race : Appenzell Rhodes-Intérieures et Extérieures, Berne, Grisons, Jura, Lucerne, Neuchâtel, Nidwald, Obwald, Schwyz, Saint-Gall, Uri et Zoug.
- Neuf cantons avec autorisation obligatoire pour certaines races : Argovie, Bâle-Campagne, Bâle-Ville, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Thurgovie, Vaud et le Tessin.
- Quatre cantons avec interdictions : Fribourg, Genève, le Valais et Zurich.
Deux précisions décisives. D'abord, ces listes nomment le plus souvent l'American Staffordshire Terrier, le pit-bull et leurs apparentés — des catégories dans lesquelles un American Bully XL peut être rangé selon l'appréciation de l'autorité. Ensuite, l'obligation s'applique également aux croisements dans la plupart des cantons concernés : posséder un pedigree ne vous exempte de rien.
Les obligations valables partout en Suisse
Quel que soit votre canton, tout chien doit être identifié par puce électronique posée par un vétérinaire dans les trois premiers mois, puis enregistré dans la banque de données nationale AMICUS. Le détenteur doit se déclarer auprès de sa commune, qui perçoit une taxe annuelle.
Le cas de Neuchâtel
Notre canton ne pose aucune restriction de race. En revanche, depuis le 1er janvier 2021, tout nouveau détenteur doit suivre une formation obligatoire de huit heures — deux heures de théorie et huit séances pratiques de 45 minutes — à commencer dans les six mois suivant l'acquisition et à terminer dans l'année. La loi cantonale sur les chiens plafonne par ailleurs la taxe communale à 120 francs par an.
La même loi prévoit qu'un détenteur de chien déclaré dangereux ou potentiellement dangereux ne peut pas détenir un autre chien sans autorisation du département — indépendamment de la race, de la taille ou du poids. Autrement dit, à Neuchâtel, c'est le comportement du chien qui déclenche les mesures, pas son apparence.
En France : ce que presque tout le monde écrit de travers
On lit partout que l'American Bully serait « classé en catégorie 2 depuis 2023 ». C'est inexact, et la source officielle est claire.
Dans sa réponse à une question écrite au Sénat, le ministère indique que l'American Bully n'appartient à aucune des races mentionnées dans la première ou la deuxième catégorie. La race issue de croisements n'étant pas stabilisée, « une appréciation au cas par cas en fonction des caractéristiques morphologiques de l'animal doit être privilégiée ».
Concrètement : à partir de huit mois, un vétérinaire peut évaluer si le chien correspond aux critères morphologiques des catégories 1 ou 2 définis par l'arrêté du 27 avril 1999, pris en application de l'article L. 211-12 du code rural et de la pêche maritime. Si c'est le cas, toutes les obligations des chiens catégorisés s'appliquent : muselière, laisse, permis de détention, assurance, évaluation comportementale. Si ce n'est pas le cas, le chien n'est pas catégorisé — mais le maire ou le préfet conserve la faculté d'imposer des mesures au titre de l'article L. 211-11.
Il faut donc retenir deux choses, contre-intuitives mais importantes. Le classement ne dépend pas du nom de la race sur l'annonce : il dépend de l'aspect physique de votre chien, jugé individuellement. Et un pedigree ABKC ne protège de rien à cet égard, puisqu'il ne s'agit pas d'une inscription au LOF.
Au Royaume-Uni : interdiction, avec régime d'exemption
C'est le pays le plus restrictif d'Europe sur ce sujet. L'interdiction de l'American XL Bully est entrée en vigueur en Angleterre et au pays de Galles le 31 décembre 2023, et depuis le 1er février 2024, la détention est illégale sauf certificat d'exemption.
Les chiens exemptés doivent être stérilisés, pucés, tenus en laisse et muselés dans l'espace public. Le régime continue d'évoluer : au 1er juillet 2026, l'obligation d'assurance responsabilité civile spécifique disparaît pour les races interdites, la couverture restant exigée jusqu'au 30 juin inclus ; et à partir du 1er novembre 2026, laisser un enfant de moins de douze ans au contact rapproché d'un chien de race interdite sans surveillance d'un adulte, y compris au domicile, devient une violation des conditions du certificat.
En pratique, un chiot ne peut pas être importé au Royaume-Uni pour y être détenu.
Ailleurs en Europe
Belgique
Pas de liste nationale de races interdites ; la matière relève des Régions et parfois des communes. Identification, enregistrement et vaccination antirabique pour les déplacements restent la base.
Allemagne
La réglementation dépend du Land, et les listes de « Listenhunde » varient sensiblement d'un Land à l'autre. Certains imposent un test de comportement, une autorisation et une assurance renforcée ; d'autres interdisent l'importation de certains types. Un chien parfaitement légal en Rhénanie peut poser problème en Bavière. Vérifiez au niveau du Land de résidence, jamais au niveau fédéral.
Voyager avec un Bully XL
Pour circuler dans l'Union européenne et depuis la Suisse, il faut réunir : puce électronique, passeport européen pour animaux de compagnie délivré par un vétérinaire, et vaccination antirabique valide — le vaccin ne prend effet qu'au terme d'un délai après l'injection, anticipez.
Ces documents ne disent rien de la légalité de la race à destination. Un transit peut suffire à poser problème dans un pays restrictif. Avant tout déplacement, vérifiez le pays d'arrivée et les pays traversés.
💡 Conseil BullySuisse : constituez un dossier de voyage et gardez-le dans la voiture — pedigree ABKC, carnet de santé, passeport, attestation d'assurance et, si vous en avez une, l'attestation du cours obligatoire. En cas de contrôle, un dossier complet change complètement le ton de la conversation.
Notre position d'éleveur
Nous ne plaçons pas un chiot dans une situation illégale. Quand une famille nous contacte depuis un canton ou un pays restrictif, nous demandons la confirmation écrite de l'autorité compétente avant d'accepter la réservation, quitte à renoncer à la vente. C'est un principe simple : le chien vivra douze ans, la réglementation le suivra tout du long.
Nos reproducteurs sont enregistrés ABKC et chaque chiot part avec son pedigree complet. Pour le reste des démarches, écrivez-nous depuis la page contact. Et si vous en êtes encore à évaluer le budget, notre article sur le prix d'un American Bully XL intègre les frais légaux suisses.
